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Un peu d’Histoire

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Savez-vous que le Breuil porte en son sein de nombreux vestiges archéologiques dont certains datent du Néolithique ?
Que son nom lui viendrait d’une famille de seigneurs nommée Du Breuil ? Ou encore que, jusqu’à la fin du 18ème siècle, Le Breuil était plus important que Le Creusot, alors simple hameau ?
Découvrez votre histoire grâce à Louis LAGROST.

Au sommaire...

Origines des deux croix réédifiées par la municipalité du Breuil

LA CROIX DE L’ANCIEN CIMETIÈRE installée sur la nouvelle place de l’église.

Voici une quarantaine d’années, la croix avait déjà été restaurée et replacée à l’angle du mur du jardin du presbytère. Retrouvée vers 1840, elle gisait en piteux état dans l’ancien cimetière qui ceinturait l’église brisée et amputée d’un bras, saccagée durant la période révolutionnaire.
Comme nombre de ses semblables (Marmagne, Charrecey, Saint-Martin-d’Auxy, Saint-Loup-de-Varennes, Frontenaud, Saint-Bérain-sous-Sanvignes etc.), elle date du 16ème siècle.

En effet, différents conciles de cette époque ont fait obligation d’enclore les cimetières et d’y dresser des croix afin de leur redonner leur caractère sacré qui allait jusqu’au droit d’asile. Il faut préciser qu’au moyen âge les rapports avec la mort étaient bien différents des nôtres. Les cimetières s’ouvraient librement vers l’extérieur, les herbes folles poussaient entre et sur les sépultures. Les enfants y jouaient. Des marchés, des réunions et même des fêtes s’y tenaient. A l’occasion le bétail venait paître.

Ce type de monument est parfaitement connu dans la littérature archéologique, où par exemple, on peut relever la définition suivante : « L’arbre de la croix est formé par une colonnette ou un pilier à pan coupé dont la décoration indique le style. Les bras sont très souvent fleuronnés. Au centre, on voit aussi une représentation, d’un côté la vierge et de l’autre de la crucifixion. Quelque fois même, ce sujet offre un groupe assez important. ». Comme les églises, toutes ces croix étaient orientées vers l’est, c’est-à-dire que la face où figure le christ se trouvait à l’ouest pour, quand on le contemplait, être positionné en direction du levant. Du côté exposé à l’est la représentation de la Vierge regardait vers le levant, peut-être pour symboliser à chaque lever du jour la naissance et la résurrection de Jésus.

Le fût supportant la croix a soit une forme octogonale, soit il imite le tronc d’un arbre, comme par exemple à l’ancienne croix du cimetière détruit de Saint-Martin-d’Auxy dont nous avons pu recueillir un élément important. Le socle n’était pas un simple dé ouvragé, mais souvent un bloc facetté et mouluré ou encore quadrangulaire supportant parfois des anges. Ce fut notamment le cas à Saint-Martin-d’Auxy et, si l’on en croit Eugène Fyot, au Breuil. Ce support reposait la plupart du temps sur un piédestal carré comprenant deux ou trois degrés.

Jusqu’au 18ème siècle, les actes de justices, les sentences, les décisions importantes, les promulgations diverses étaient prononcées soit devant le château seigneurial, le porche de l’église ou la croix du cimetière qui, de ce fait, prenait un rôle social important. Par exemple dans les archives à Mâcon on peut lire :
« Ce jourd’hui, Dimanche cinq avril mil sept cent soixante sept audevant de la Croix de pierre du cimetière de la paroisse du Breuil, lieu accoutumé pour tenir les assemblées de ladite paroisse à l’issue des vespres de paroisse qui ont été aujourd’hui dittes, chantées et célébrées, le peuple et les habitants en grand nombre sortant de les entendre, pardevant moi Mathieux François Saclier puiné praticien résidant à Montcenis soussigné et greffier ordinaire de la justice, ont comparu etc..... » (ADSL - B 2125/70)

LA CROIX DES PAGNES

Comme pour beaucoup d’anciennes croix de chemin, il faut rester modeste et avouer que pour l’instant on ignore tout de son origine. En tout état de cause, elle n’a jamais marqué la limite paroissiale qui se trouve à plus de deux kilomètres vers l’est.

Plus simplement il devait s’agir d’une croix de chemin située en bordure de l’ancien itinéraire bien connu dans les textes médiévaux et qui en allant de Toulon à Couches par le Gratoux près du Monay, passait par le Bois Labert, les Pagnes et la croix de la Beaujarde.

Publié/Mis à jour le 18 février 2013

LE BREUIL, SITE ARCHEOLOGIQUE ?

Les origines du Breuil remontent à la nuit des temps.

Le Paléolithique moyen est représenté par quelques rares outils Moustériens. Ces éléments montrent que l’Homme de Néanderthal a foulé le sol de la future commune du Breuil, voici plus de 60.000 ans.

C’est au Néolithique que les premiers agriculteurs se manifestent. Plus de 300 silex, éclats ou outils correspondant à cette période ont été collectés à la Pointe des Bruyères. Cette petite industrie lithique exprime des affinités avec d’autres gisements régionaux du Néolithique final dont celui d’Ouroux-sur-Saône. La grande proportion des armatures de flèches tranchantes semble traduire la survivance d’une tradition héritée du Néolithique moyen et incite à dater ce gisement entre 2500 à 2800 ans avant notre ère.

Placé sur le parcours de la voie d’Autun à Tournus et Mâcon, Le Breuil ne pouvait pas être à l’écart du monde gallo-romain. En 1858, au Garnoy, une grande quantité de monnaies romaines a été découverte fortuitement [1]. Plus récemment, les vestiges gallo-romains trouvés non seulement à l’emplacement du bourg actuel, notamment à l’arrière du château, dans la proximité de l’église et de la nouvelle mairie, mais aussi près des Lavriots, des Buissons, du Paradis témoignent de l’existence de constructions gallo-romaines importantes.

Publié/Mis à jour le 17 août 2011

L’ORIGINE DU NOM

Il est illusoire de vouloir réduire l’histoire du Breuil à sa seule étymologie.

Si le toponyme Breuil semble bien issu du gaulois breialos, devenu brolium à l’époque carolingienne, terme désignant un espace clos [2], du reste pas nécessairement seigneurial, il est tout aussi vraisemblable que l’appellation de notre commune provienne d’une famille éponyme qui a reçu en fief la seigneurie et lui a transmis son nom.

En effet, le premier seigneur dont on possède le nom semble être Hugues du Breuil en 1087 [3]. Dès le 12e siècle la famille du Breuil avait une maison, attestée d’une part par une charte de 1264 [4] et d’autre part par des vestiges.
La seigneurie change de mains au 14e siècle. Elle appartient alors aux De la Garde qui la reçoivent en fief du sieur d’Estrabonne seigneur de Nolay. Au 16e elle est rachetée par les Calard issus d’une noblesse de robe, à qui succèdent par alliance les Baudinot, de Thélis [5] etc.

Les fouilles que nous avons pratiquées montrent qu’au 15e siècle la famille de la Garde avait elle aussi une maison seigneuriale. Au 17e elle a été rasée par les Baudinot originaires de Paray-le-Monial pour bâtir le château actuel. Celui-ci est d’ailleurs inachevé, et n’était qu’une gentilhommière utilisée, entre autres, pour la chasse.

A la même époque, des éléments hétéroclites (linteaux avec accolade, pieds droits moulurés, colombages, fenêtre à coussièges, colonnes etc.) provenant de la destruction de l’ancienne bâtisse du 15e, seront réutilisés pour construire, près de l’entrée, le " chenil ". Quant à la maison dite " le Pavillon " elle n’existait pas encore. On n’en trouve pas la moindre la trace avant le milieu du 18e siècle.

Plusieurs documents viennent attester de donations faites par les seigneurs du Breuil à l’abbaye de La Ferté-sur-Grosne et des relations qui ont existé entre eux. [6]

Publié/Mis à jour le 20 octobre 2011

L’ÉGLISE, UNE PETITE CURIOSITÉ

L’église fait partie des nombreuses petites églises rurales qui, dans la seconde moitié du 12e et au début du 13e siècle, furent, édifiées dans l’ombre des grandes abbayes cisterciennes de Bourgogne et de Franche-Comté. Ces monuments simples, sans fioritures, sont l’œuvre des architectes qui ont édifié les grandes abbatiales et inventé la voûte à croisée d’ogives.

Un peu à l’image de l’abbaye de Fontenay, mais en beaucoup plus modeste, l’église du Breuil présente un plan Bernardin adapté à la rusticité d’une église paroissiale.

Le chœur orienté au levant est à chevet plat et voûtes d’ogives. Autrefois il possédait trois grandes fenêtres qui sont aujourd’hui murées. Les ogives reposent sur quatre culots, ornés chacun d’une tête sculptée très fruste, intemporelle, tout à fait conformes à l’esprit cistercien. La croisée du transept qui est non saillant supporte le petit clocher à fenêtres géminées et flèche de pierre.

Le bâtiment est maintenu par de solides contreforts et les corniches du chœur et du transept sont ornées de modillons " en engrenages " typiquement cisterciens. Dans la façade s’ouvre le portail dont le tympan monolithique trilobé et autrefois orné d’une croix ancrée constitue un élément récurrent des petites églises cisterciennes.

Publié/Mis à jour le 17 août 2011

RÉÉCRIRE L’HISTOIRE...

ET SI LE CHARBON N’AVAIT PAS EXISTÉ ?

Dès son origine, probablement vers le 11e siècle, la paroisse du Breuil était du ressort du diocèse de Chalon. Elle était très étendue et comprenait même la forêt d’Avoise qui a fait l’objet d’une donation aux moines de La Ferté. Jusqu’en 1793, le hameau du Creusot en dépendait, y compris le fond de la plaine des Riaux.

Si le charbon n’avait pas existé, on aurait sans doute pu écrire une histoire récente du Breuil bien différente, dans un paysage presque inchangé, loin des vicissitudes d’un grand site industriel.

Publié/Mis à jour le 20 octobre 2011
  

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